Acheter ou louer ?

« Un loyer, c'est de l'argent jeté par les fenêtres » — parfois. Ce simulateur compare l'achat de la résidence principale à la location en investissant la différence, à dépense mensuelle égale : crédit, notaire, charges et revalorisation du bien d'un côté, loyers et placements de l'autre.

Hypothèses

Le bien à acheter

Hors frais de notaire et d'agence.

Le locataire, lui, place cette somme dès le départ.

Taux nominal, hors assurance.

Emprunt 246 231 € (notaire, dossier compris) · mensualité 1 305 €
+ 300 € / mois de charges et taxe foncière

La location équivalente

Pour un logement équivalent, charges comprises.

Le temps et les placements

Durée de détention avant revente ou bilan.

Vaut des deux côtés : l'argent non immobilisé dans le bien.

Résultat

Au bout de 25 ans, à dépense mensuelle égale, l'écart de patrimoine est de

47 159 €

en faveur de la location

En achetant puis revendant, il reste 410 151 € (bien + placements, crédit déduit), contre 457 311 € en louant et en investissant la différence — soit 11,5 % de plus pour la location.

Achat (bien revendu + placements)Location (placements)net d'impôts et de frais

Mensualité du crédit
1 305 €

assurance comprise, + 300 € de charges

Coût du crédit
145 121 €

intérêts + assurance sur 25 ans

Loyers versés
342 718 €

sur 25 ans, revalorisation comprise

Qui place la différence, chaque mois

année 1

Acheteur1 605 € / mois

1 305 € de crédit + 300 € de charges

Locataire950 € / mois

de loyer

Le locataire place la différence : 655 € / mois

an 1an 25

Sur tout l'horizon, l'acheteur dépense plus chaque mois : c'est toujours le locataire qui place. Côté location, ces différences pèsent 181 861 € au total, apport compris — non placées, la comparaison ne tient plus.

Détail année par année
Patrimoine net des deux stratégies, année par année
AnnéeAchatLocationÉcart
+5 ans63 472 €75 169 €-11 696 €
+10 ans132 316 €137 428 €-5 112 €
+15 ans211 809 €216 748 €-4 939 €
+20 ans303 726 €320 109 €-16 384 €
+25 ans410 151 €457 311 €-47 159 €

Projection théorique à rendements constants : elle lisse des marchés — immobilier comme actions — qui ne le sont pas. Résidence principale exonérée d'impôt sur la plus-value, gains des placements fiscalisés à la revente. Hors aides (PTZ), hors coûts de déménagement, et sans valeur au toit qui est à soi — simulation à but pédagogique, ce n'est ni un conseil en investissement ni un conseil immobilier.

Trois pièges que ce simulateur évite

  • À dépense égale, sinon rien

    Comparer une mensualité de 1 500 € à un loyer de 950 € n'a pas de sens : chaque mois, celui qui dépense le moins investit la différence, et le locataire place l'apport dès le premier jour. C'est la seule comparaison qui tienne.

  • Des coûts perdus des deux côtés

    Le loyer part en fumée, mais les intérêts, l'assurance, le notaire, la taxe foncière et les charges aussi : c'est le « loyer » que l'acheteur verse à la banque et à l'État. Seul le capital remboursé construit du patrimoine.

  • La durée décide presque tout

    Les frais d'entrée pèsent lourd les premières années puis s'amortissent : revendre trop tôt fait presque toujours perdre l'achat. Le simulateur affiche l'année où la tendance s'inverse, c'est souvent le vrai critère.

Acheter ou louer : les questions fréquentes

Au bout de combien d'années l'achat devient-il rentable ?

Il n'existe pas de durée universelle. Les frais d'entrée — notaire, agence, dossier — sont perdus dès la signature, et il faut plusieurs années de remboursement de capital pour les amortir. Le seuil dépend surtout du prix payé rapporté au loyer d'un logement équivalent : dans une grande ville où le bien vaut plus de vingt années de loyer, l'achat met très longtemps à repasser devant ; en périphérie ou en ville moyenne, où ce rapport tombe souvent sous quinze ans, la bascule arrive beaucoup plus tôt. Le simulateur affiche l'année précise où la tendance s'inverse pour un scénario donné.

Pourquoi comparer achat et location à dépense égale ?

Comparer une mensualité de crédit à un loyer plus faible n'a aucun sens : l'acheteur sort davantage d'argent chaque mois, et cette différence, le locataire peut la placer. Une comparaison honnête fait donc investir à chacun ce qu'il ne dépense pas, et place l'apport du côté du locataire dès le premier jour, puisque l'acheteur, lui, l'immobilise dans le bien. Sans cette règle, la comparaison est faussée d'avance en faveur de l'achat.

Le loyer est-il vraiment de l'argent jeté par les fenêtres ?

En partie seulement, car l'achat a lui aussi ses coûts perdus : intérêts d'emprunt, assurance emprunteur, frais de notaire et d'agence, frais de dossier, taxe foncière, charges de copropriété et travaux. Seule la fraction de la mensualité qui rembourse le capital construit du patrimoine. Sur les premières années d'un crédit, cette fraction est faible : l'essentiel part en intérêts. Additionnés, ces coûts perdus dépassent parfois le loyer d'un logement comparable.

Quels frais faut-il compter à l'achat d'un logement ?

Les frais de notaire représentent environ 7 à 8 % du prix dans l'ancien et 2 à 3 % dans le neuf. S'y ajoutent, selon les cas, des frais d'agence de 4 à 6 % — le plus souvent déjà compris dans le prix affiché — et des frais de dossier bancaires, en général de 0,5 à 1 % du montant emprunté et fréquemment plafonnés autour de 1 500 €. Une fois propriétaire, il faut aussi provisionner la taxe foncière, les charges de copropriété et les travaux, que le locataire ne supporte pas.

Quelle valorisation du bien retenir dans une simulation ?

C'est l'hypothèse la plus déterminante, et la plus incertaine. Sur longue période, les prix de l'immobilier résidentiel français ont progressé d'environ 2 % par an en moyenne, mais avec de longues phases de stagnation, et des écarts considérables entre territoires. Une valorisation nulle suffit souvent à faire perdre l'achat face à des placements financiers ; un point de plus par an suffit parfois à le faire gagner. Mieux vaut tester plusieurs valeurs que se fier à une seule.

Que se passe-t-il en cas de revente rapide ?

Revendre tôt est le principal risque financier de l'achat. Les frais d'entrée n'ont pas eu le temps d'être amortis, le capital remboursé reste faible, et des frais d'agence peuvent s'ajouter à la sortie. Sur un horizon de trois à cinq ans, l'achat est souvent perdant même dans un marché stable. Une mobilité professionnelle probable ou une situation familiale susceptible d'évoluer pèsent donc autant dans la décision que le taux du crédit.

La plus-value sur la résidence principale est-elle imposée ?

Non. La vente de la résidence principale est exonérée d'impôt sur la plus-value, sans condition de durée de détention. C'est un avantage réel de l'achat face aux placements financiers, dont les gains sont taxés à la sortie — 30 % au prélèvement forfaitaire unique sur un compte-titres, 17,2 % de prélèvements sociaux sur un PEA de plus de cinq ans. Le simulateur applique cette différence de traitement des deux côtés.

Le crédit, le bien, les placements. Une seule vue d'ensemble.

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